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Accusations d'antisémitisme : cerné par de nouvelles révélations, Bardella continue de nier
information fournie par AFP 09/10/2026 à 18:52

Le président du RN, Jordan Bardella, le 6 octobre 2026 à Paris ( AFP / MEHDI FEDOUACH )

Le président du RN, Jordan Bardella, le 6 octobre 2026 à Paris ( AFP / MEHDI FEDOUACH )

Jordan Bardella espérait tourner la page d'une "affaire dont tout le monde se moque". Mais de nouveaux éléments publiés vendredi par plusieurs médias mettent à mal la défense du président du Rassemblement national face aux accusations d'écrits antisémites dont il persiste à nier être l'auteur.

Depuis dix jours, il jure n'avoir "jamais tenu ces propos ignobles", répète qu'on veut "l'assassiner politiquement", dénonce une "hystérie généralisée". Mais à en croire le Canard enchaîné, dès les premières révélations de Mediapart, Jordan Bardella a fait le ménage dans un de ses anciens comptes Facebook.

Pas celui, personnel, à partir duquel il est accusé d'avoir échangé en 2013, à peine âgé de 17 ans, des messages sans équivoque sur "les banques toutes détenues par des Juifs", ou encore "un sioniste forcément est juif, et en profondeur".

Mais un second compte, utilisé en tant que jeune militant au Front national - pas encore devenu Rassemblement national - et dont "toutes les données ont été effacées entre le 28 septembre et le 2 octobre", selon l'hebdomadaire satirique, qui assure "disposer d'extractions de conversations privées" prouvant ce nettoyage précipité.

Une "information fausse", s'est empressé de démentir le parti d'extrême droite, annonçant "une nouvelle plainte en diffamation" contre le journal - venant s'ajouter à celle déjà déposée contre Mediapart.

Les dénégations s'efforcent de rester cohérentes : mardi lors d'une conférence de presse, Jordan Bardella affirmait qu'il n'avait "pas de compte Facebook" et qu'il "n'utilis(ait) plus depuis très longtemps" ce réseau social. Trois jours plus tard le RN maintient donc que son chef "ne s'est jamais connecté à aucun compte Facebook ni (n'a) supprimé aucun message".

En interne aussi, on refuse d'y croire. "Il faudrait que ce soit une vidéo ou un son de lui, mais il est lisse de chez lisse. Ca ressemble de plus en plus à une manipulation", se persuade un proche de Marine Le Pen.

Des réseaux et des doutes

La candidate à l'Elysée n'a pas encore réagi aux derniers rebondissements - "pour ne pas y donner de l'importance", explique son entourage. Mercredi, elle avait tout de même renouvelé sa "confiance à 1.000%" envers celui qu'elle entend nommer Premier ministre en cas de victoire au printemps prochain. Et fustigé une "manœuvre infâme de la part de Mediapart".

Ce qui n'a pas empêché le site d'investigation de publier de nouveaux éléments vendredi, censés attester d'un "lien direct" entre l'ancien compte Facebook personnel de Jordan Bardella et son compte X (à l'époque Twitter) officiel et toujours actif.

En croisant les archives, sont ressortis des messages similaires, fautes d'orthographe incluses, à quelques heures d'intervalle sur les deux réseaux sociaux. Par exemple au sujet de ce "conseiller économique de François Hollande", en l'occurrence Emmanuel Macron, "employé par la banque Rotschild" - le célèbre patronyme juif étant à chaque fois écorché de la même manière.

Ou encore à l'encontre de "la gauche", puis "les socialistes", coupables d'avoir "voté les pleins pouvoirs à Pétain". Des allégations que l'entourage de M. Bardella a également rejetées, jugeant que "ce nouvel article est grotesque".

La veille sur LCI, le numéro un du RN avait longuement mis en cause Mediapart et ses journalistes, et indiqué "préparer" une plainte pour faux et usage.

Il aurait pourtant un autre moyen de démontrer sa bonne foi: le journal Libération a retrouvé vendredi une adresse mail dont Jordan Bardella "se servait au début des années 2010" et "toujours associée à un compte Facebook".

Le patron du parti à la flamme "pourrait donc techniquement demander au réseau social l'historique de ses anciennes conversations", et les confronter aux données déjà divulguées. Histoire de dissiper les doutes chez les 61% de Français "pas convaincus" par ses arguments, selon un sondage Ifop.

Pour l'heure il s'accroche à la thèse du complot et "laisse à chacun la possibilité d'apprécier ce qui est en train de se passer, d'(en) apprécier le timing, les méthodes et de se faire son propre jugement", convaincu que "le temps révélera sans doute la vérité".

5 commentaires

  • 20:59

    Je ne soutiens pas le RN mais si c est eux largement en tête au premier tour tour alors il doivent avoir le pouvoir et on verra pas sur des bons résultats . Le vote utile c est de la foutaise et le bulletin blanc sera de mise pour ce qui ne sont pas d’ accord d’ avoir un Macron bis


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